C’est avec beaucoup de tristesse que nous avons reçu le
décès notre ami le jeune artiste amazigh NBA, leader du
groupe SAGHRU-BAND.
Nous sommes affectés par cette disparition qui est une
grande perte à la chanson amazighe engagée.
Nous tenons à présenter nos condoléances à sa famille ainsi
qu’à ses proches.
Que Dieu l'accepte
dans sa sainte miséricorde.
N’bark,
cette âme de résistance
Il a chanté haut et fort ce
que la plupart des Imazighens pensent tout bas. N’bark
Oularbi, leader du groupe "Saghru Band", un groupe très
engagé dans la défense de l’identité amazighe, est décédé
dimanche 9 janvier à la fleure de l’âge des suites d’une
longue maladie incurable. Sa disparition tragique a provoqué
une véritable onde de choc à Tamazgha Occidentale, en
Kabylie et au sein de la diaspora.
ENGAGEMENT
Poète et artiste aux multiples talents, N’bark n’était pas
un simple chanteur. Il est et restera la conscience de tout
un peuple, l’âme de la résistance acharnée contre
l’arabo-islamisme et pour la souveraineté. Il est le
porte-parole des sans-voix, d’exclus et de marginalisés qui
s’identifient à lui.
Rebelle. Très engagé. Il était semblable à une hirondelle
qui a réussi à elle seule à faire émerger le printemps dans
les cœurs des Imazighens. Les paroles de ses poèmes et
chansons sont affutées comme des couteaux tranchants. Il a
toujours chanté ce qu’il pensait sans prendre de gants.
Sincère jusqu’à l’excès dans son engagement.
Doté d’une conscience vive, il est ainsi l’un des premiers
chanteurs à dénoncer publiquement l’emprise qu’exerce
l’idéologie arabo-islamiste sur le peuple amazigh à Tamazgha
Occidentale et à s’en prendre aux pouvoir et aux maux dont
souffrent les jeunes amazighs. Il a chanté la liberté (dans
la chanson Tilelli), apporté publiquement son soutien
inconditionnel aux détenus politiques amazighs (dans la
chanson Silman Ouâli) et affronté les préjugés et
l’inquisition des autorités.
SE TAIRE ? JAMAIS !
Guitariste, flutiste et saxophoniste, N’bark est aussi un
artiste plasticien. Jeune diplômé en droit (relations
internationales), confronté au chômage, il a décidé en 2006
de créer un groupe de musique pour apporter un nouveau
souffle à la chanson amazighe moderne. Il ne savait pas que
son initiative allait changer le visage de tout le sud-est,
une région désertique très attachée à son amazighité et
oubliée des autorités.
Outre "No borderlines", Saghru Band avait sorti quatre
albums en l’occurrence "Message to Obama", "Muha", "Tilelli"
(Liberté) et "Awas-i tala". Le groupe a également pris part
à plusieurs festivals à Tamazgha occidentale et en Suisse.
"Désormais, personne ne peut me faire taire", m’avait-il dit
en 2008 alors que je préparais un article sur ces chanteurs
amazighs révoltés qui ont réussi à rompre le silence et à
s’affirmer malgré les maigres moyens dont ils disposent. N’bark
a tenu sa promesse.
Son frère, Khalid, guitariste virtuose et co-fondateur de
Saghru Band ainsi que tous les membres du groupe devraient
continuer le combat de N’bark pour honorer sa mémoire.
Un passeur de mémoire, peut-il mourir ?