Idir

 

 

 

A vava Inouva

 

 

Txil-k lliyin tabburt a vava inu va

Stcencen tizebgatin im a yelli ghriba .

Ugadgh lwehc lghaba a vava inu va

Ugadgh ula d nekkini a yelli ghriba

 

Amghar yettel deg' bernus di tesga la yezzizin

Mimmis yethabber i lqut ussan deg' qerrus tezzin

Tislit deffir uzetta tessalay tijebbadin

Arrac zzind i tmghart la sen-tsghar tiqdimin

 

Txilk lliyin tabburt avava inu va

Stcencen tizebgatin im a yelli ghriba

Ugadgh lwehc lghaba avava inu va

Ugadgh ula d-nekkini ayelli ghriba

 

Adfel yessud tibbura tuggi kecmen-t ihlulen

Tajmaât tetrgu tafsut aggur d yitran hejben

Mad aqejmur n-tasaft idger akken idenyan

Mlalen-d akw at waxxam i tmacahut ad slen.

 

T kilk lliyin tabburt a vava inu va

Stcecen tizbgatin-im aylli ghriba

Ugadgh lwehc lghaba a vava inu va

Ugadgh ula d nekkini ayelli ghriba.

 

 

A Vava Inouva

Paroles: P. Reesinsk. Musique: Hamid Cheriet (Idir) 1970
© traduction par P.Reesinsk dans le fichier périodique Contes Merveilleux et Fables 1976

Je t'en prie père Inouba ouvre-moi la porte
O fille Ghriba fais tinter tes bracelets
Je crains l'ogre de la forêt père Inouba
O fille Ghriba je le crains aussi.

Le vieux enroulé dans son burnous
A l'écart se chauffe
Son fils soucieux de gagne pain
Passe en revue les jours du lendemain
La bru derrière le métier à tisser
Sans cesse remonte les tendeurs
Les enfants autour de la vieille
S'instruisent des choses d'antan

Je t'en prie père Inouba ouvre-moi la porte
O fille Ghriba fais tinter tes bracelets
Je crains l'ogre de la forêt père Inouba
O fille Ghriba je le crains aussi

La neige s'est entassée contre la porte
L'"ihlulen" bout dans la marmite
La tajmaât rêve déjà au printemps
La lune et les étoiles demeurent claustrées
La bûche de chêne remplace les claies
La famille rassemblée
Prête l'oreille au conte

Je t'en prie père Inouba ouvre-moi la porte
O fille Ghriba fais tinter tes bracelets
Je crains l'ogre de la forêt père Inouba
O fille Ghriba je le crains aussi

 


 

 

Lettre à ma fille

Paroles: Grand Corps Malade. Musique: Idir   2007  "La France des couleurs"

© Warner

 

Comme tous les matins, tu es passée devant ce miroir

Ajuster ce voile sur tes cheveux, qui devra tenir jusqu'à ce soir

Tu m'as dit au revoir d'un regard, avant de quitter la maison

Le bus t'emmène à la fac où tu te construis un horizon

 

Je suis resté immobile, j'ai pensé très fort à toi

Réalisant la joie immense de te voir vivre sous mon toit

C'est vrai, je ne te l'ai jamais dit, ni trop fort ni tout bas

Mais tu sais, ma fille, chez nous, il y a des choses qu'on ne dit pas

 

Je t'ai élevée de mon mieux et j'ai toujours fait attention

À perpétuer les règles, à respecter la tradition

Comme l'ont fait mes parents, crois-moi sans riposter,

Comme le font tous ces hommes que je croise à la mosquée

 

Je t'ai élevée de mon mieux comme le font tous les nôtres

Mais était-ce pour ton bien ou pour faire comme les autres ?

Tous ces doutes qui apparaissent et cette question affreuse :

C'est moi qui t'ai élevée, mais es-tu seulement heureuse ?

 

Je sais que je suis sévère et nombreux sont les interdits

Tu rentres tout de suite après l'école et ne sors jamais le samedi

Mais plus ça va et moins j'arrive à effacer cette pensée

Tu songes à quoi dans ta chambre, quand tes amis vont danser ?

 

Tout le monde est fier de toi, tu as toujours été une bonne élève

Mais a-t-on vu assez souvent un vrai sourire sur tes lèvres ?

Tout ça, je me le demande mais jamais en face de toi

Tu sais, ma fille, chez nous, il y a des choses qu'on ne dit pas

 

Et si on décidait que tous les bien-pensants se taisent ?

Si pour un temps on oubliait ces convenances qui nous pèsent ?

Si pour une fois tu avais le droit de faire ce que tu veux ?

Si pour une fois tu allais danser en lâchant tes cheveux ?

 

J'veux qu'tu cries et que tu chantes à la face du monde !

Je veux qu'tu laisses s'épanouir tous ces plaisirs qui t'inondent

J'veux qu'tu sortes, j'veux qu'tu ries, j'veux qu'tu parles d'amour

J'veux qu'tu aies le droit d'avoir vingt ans,

Au moins pour quelques jours

 

Il m'a fallu du courage pour te livrer mes sentiments

Mais si j'écris cette lettre, c'est pour que tu saches simplement

Que je t'aime comme un fou, même si tu ne le vois pas,

Tu sais, ma fille, chez nous, il y a des choses qu'on ne dit pas.

 


 

 

 

 

Pourquoi cette pluie ?

     

Paroles: Jean-Jacques Goldman. Musique: Idir   2002  "Deux rives, un rêve"

© Sony Music

 

Tant de pluie tout à coup sur nos fronts

Sur nos champs, nos maisons

Un déluge ici, l'orage en cette saison

Quelle en est la raison ?

 

Est-ce pour noyer nos parjures ?

Ou laver nos blessures ?

Est-ce pour des moissons, des terreaux plus fertiles ?

Est-ce pour les détruire ?

 

Pourquoi cette pluie, pourquoi ?

Est-ce un message, est-ce un cri du ciel ?

J'ai froid, mon pays, j'ai froid

As-tu perdu les rayons de ton soleil ?

 

Pourquoi cette pluie, pourquoi ?

Est-ce un bienfait, est-ce pour nous punir ?

J'ai froid, mon pays, j'ai froid

Faut-il le fêter ou bien le maudire ?

 

J'ai cherché dans le livre qui sait

Au creux de ses versets

J'y ai lu "cherche les réponses à ta question,

Cherche le trait d'union"

 

Une mendiante sur mon chemin

"Que fais-tu dans la rue ?"

"Mes fils et mon mari sont partis un matin,

Aucun n'est revenu"

 

Pourquoi cette pluie, pourquoi

Cette eau, ces nuages qui nous étonnent ?

Elle dit "cette pluie, tu vois

Ce sont des pleurs pour les yeux des hommes"

 

"C'est pour vous donner des larmes

Depuis trop longtemps elles ont séché

Les hommes n'oublient pas les armes

Quand ils ne savent plus pleurer"

 

Coule pluie, coule sur nos fronts.

 

 

Cfigh

 

 

Cfigh am zund iDlli

Mid yebweD wejrad tara

Ccerq dlgherb yetggir

Ad rum ur yezmir ara

Nek terrid iyi gher dduh

YA ymma ur TTisgh ara ;

Cfigh temuqeld d-iyi

Ghef zur gg-ufrar

Tnnid asmi d lulagh

Aâdawn ur agh bghin ara

Yissi teferhaD mi muqlagh

Tugha am teftilt di lehara

 

Cfigh am zund iDlli

Isigna ighumd aggur

Cekel yeghli di zznad

Tamurt iccat unaghur

Tmuqeled dgi aymma

Walagh ulim amk itccur

tennid iyi tec am mmi

Tahbult g-irden n tmur

TweSSad i ghef igma

Ad beddegh ghurs ad yemghur

At afagh ghur tuyat iw

Wur issâi tagmat mehqura

 

 

 

Aghrib

 

 

Ihedred lawan a nruh

Tabalizt ger ifassen

Qqimt a lahbab di sselama

Ya wigad igh ihmelen,

Ma tella taghzi n-laamar,

Ad nughal gher da ghurwan

Ma yella wa gh d ccer

Ya ssemah deg wulawan.

Ruh nekwni neql da di laH na

Abrid ik iHwan tawit,

Ma trebhed nrbeh merra

Ma tghlid ssema h tebbwit

Ya bbwedegh gher leghrba gheltagh

Macci akken twalent walniw,

Ghilgh am rrunda ad qwemragh

Jebdeghd tighli d tewraqtiw,

Ussan lehhun nek gheflagh

Watniyi reZan ifadden iw

Imi d ddunit sewqagh

Ccudgh ddenub iyiriw.

Amrhba s wayn id tabbwid

Ama yelHa ama diri

Ma teghlid ghelyen wiyyed

Nukwni nesrak tamaddit.

 

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